Roze zalm

Saumon sauvage ou d’élevage ? Une question de goût


En tant qu'aliment, le saumon est un poisson très spécial. Extrêmement prisé par les marchés aussi bien traditionnels qu'émergents, la...
En savoir plus

USPs Lobster

Les promesses du homard UHP


Lorsqu’il s’agit de susciter l’enthousiasme en matière culinaire, très peu de produits sont capables de rivaliser avec le homard. Son goût...
En savoir plus

Pittman seafoods asia

Cerner la consommation asiatique de produits de la mer, et son impact sur le reste du monde


Comprenant une très large gamme de produits nutritifs polyvalents, les produits de la mer jouent un rôle déterminant dans les régimes...
En savoir plus


l'élevage de saumon dans 10 ans

À quoi pourrait ressembler l’élevage de saumon dans 10 ans ? 4 minutes

  Jan 27, 2020

Source d’aliments destinés à la consommation humaine, la pisciculture existe depuis des siècles. Cependant, la pratique consistant à élever de jeunes saumons atlantiques dans des cages en mer jusqu’à ce qu’ils atteignent la taille requise par le marché est bien plus récente, puisqu’elle n’est apparue que dans les années 70. Une pratique due  essentiellement à la pénurie de saumons sauvages, qui était devenu un produit de luxe.

En augmentant la disponibilité des produits à des prix raisonnables, l’industrie de l’élevage de saumon a prospéré, le poisson rencontrant désormais un succès commercial incroyable sur les marchés du monde entier, et concurrençant avec succès d’autres produits d’origine animale. En effet, la demande de saumon a progressé plus rapidement que toute autre demande de produits de la mer.

Aussi bien au sein de l’UE que des États-Unis, le saumon figure dans les trois premières catégories de produits de la mer les plus consommées, tandis que la majorité des consommateurs qui s’initient au saumon se trouvent dans les marchés des économies émergentes, telles que la Chine et le Brésil.

Pleine capacité visée

Afin de favoriser la croissance mondiale du saumon et d’exploiter la demande presque insatiable des consommateurs, les producteurs ne sont pas restés les bras croisés. Grâce à des innovations concernant les produits et à des systèmes d’exploitation plus sophistiqués, ils ont pu considérablement augmenter la production au cours des dernières décennies.

La toute dernière analyse de l’industrie prévoit que la production mondiale du saumon atlantique pour l’année 2019 dépassera les 2,6 millions de tonnes, soit 7 % de plus par rapport à l’année dernière, et que la croissance pour 2020 sera de l’ordre de 3,5 %. La Norvège est le plus grand producteur avec 1,4 million de tonnes, suivie par le Chili qui s’attend à pêcher près de 740 000 tonnes cette année.

Toutefois, un grand défi se profile à l’horizon. Il est largement reconnu que l’élevage traditionnel en cages au sein de zones côtières n’offre qu’un potentiel limité pour la croissance ultérieure du saumon, essentiellement en raison des contraintes de licence mises en place par les autorités de régulation, ainsi que des défis biologiques extrêmement coûteux tels que les poux de mer.

Afin de relever ces défis, certaines des entreprises piscicoles leaders du marché ont développé de nouvelles technologies et techniques qui produisent l’espèce via des systèmes de confinement en parcs clos, aussi bien sur terre qu’e pleine mer.

Une myriade de concepts ont été dévoilés ces dernières années, et bien qu’ils soient très différents en termes de présentation et de fonctionnement, la priorité absolue étant la sûreté biologique, ils ont tous été conçus en vue de réduire l’exposition aux maladies et aux menaces écologiques en empêchant les pathogènes potentiellement nuisibles de pénétrer au sein de la ferme, et afin de limiter l’échange d’eau avec l’environnement extérieur.

Perturbation des systèmes d’aquaculture en recirculation

Les avantages supplémentaires incluant une production stable, des lieux polyvalents et une plus faible dépendance vis-à-vis des médicaments, les Systèmes d’Aquaculture en Recirculation, ou RAS, sont au premier plan de ce mouvement. Il s’agit principalement de systèmes intensifs, généralement intérieurs, reposant sur des réservoirs qui réutilisent abondamment l’eau à travers la filtration et d’autres traitements.

Bien que cette technologie existe également depuis plusieurs années, principalement dans les écloseries, et s’applique aux géniteurs et aux jeunes poissons, la dernière génération de systèmes de RAS pour accroître le nombre de saumons immédiatement commercialisables suscite de grands espoirs.

Des douzaines de nouveaux projets visant à élever le saumon dans des systèmes basés sur la  terre ferme ont été annoncés, et de nombreuses autres initiatives voyant le jour de manière toujours plus régulière, on s’attend à ce que les RAS puissent fournir au marché entre 250.000 et 500.000 tonnes de saumon au cours des 10 prochaines années, contre une production actuelle de tout juste 3.000 tonnes.

Il n’est sans doute pas surprenant d’apprendre que la majorité de ces nouvelles entreprises de RAS sont construites en Norvège. À noter toutefois que les plus grandes installations actuellement en construction se trouvent en fait aux États-Unis et en Chine, en raison des taux de croissance à forte demande au sein de ces principaux marchés de produits de la mer. Après tout, l’un des principaux avantages de ces systèmes est d’être en mesure de fournir un produit local à un marché local.

Nouveaux aliments aquacoles

Mais l’innovation qui concerne l’élevage du saumon ne s’arrête pas au système de production. Un autre facteur potentiellement réducteur pour la croissance du secteur a également été identifié, à savoir le fourrage, et notamment l’accès aux ingrédients traditionnellement utilisés dans les régimes alimentaires du saumon issus des pêches de capture.

Ainsi, bien que les taux d’inclusion des produits tels que la farine de poisson et l’huile de poisson dans les aliments aquacoles continuent à diminuer, la R&D visant à offrir des solutions ne chôme pas. Citons par exemple de nouvelles matières premières ou de nouveaux ingrédients qui réduisent davantage la dépendance.

À ce jour, le secteur des aliments aquacoles a identifié trois plateformes émergentes présentant le plus de chances de succès. Premièrement, les repas microbiens, à savoir la culture de bactéries sur les matières premières, telles que le gaz de méthane, afin de créer un repas riche en protéines. Deuxièmement, la culture de microalgues en vue de produire des huiles riches en acides aminés EHP et DHA. Et troisièmement, la culture d’insectes, tels que la mouche soldat noire qui, sous sa forme de larve, peut se nourrir de différentes matières premières afin de créer des protéines fourragères et des lipides de fourrage. D’ailleurs, les saumons élevés avec des huiles d’algues et des repas à base de microbes ou d’insectes dans leur fourrage sont déjà commercialisés.

Pour ce qui est de l’avenir, il est probable que de nombreux nouveaux systèmes aquacoles fassent leur apparition dans le secteur de l’élevage de saumon, accompagnés d’une gamme entière de nouveaux régimes alimentaires sur mesure pour ces poissons. Et cela pourrait être la plateforme à partir de laquelle le secteur poursuivra sa croissance.


Comments