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Aliments aquacoles du futur : les nouveaux ingrédients qui contribueront à répondre à la demande croissante de poissons d’élevage 3 minutes

  Juin 19, 2019

L’élevage de poissons et autres produits de la mer destinés à la consommation humaine constitue l’une des plus grandes réussites du secteur alimentaire de ces dernières décennies. Selon l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en termes de production, l’aquaculture poursuit sa croissance plus rapidement que tout autre grand secteur lié à l’approvisionnement alimentaire. D’ici 2030, elle devrait fournir 60 % des produits de la mer consommés sur la planète.

La population mondiale devant dépasser les 9,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, la contribution de l’aquaculture à la sécurité alimentaire continuera d’augmenter. Toutefois, l’industrie reconnaît elle-même que sa croissance continue pourrait être entravée à un moment donné par une poignée d’éléments présentant un impact potentiel.

Ces barrières comprennent le changement climatique et les contraintes environnementales, de nouvelles frontières réglementaires, les maladies et autres défis biologiques, la capacité à améliorer la génétique et, dernier point mais non des moindres, la disponibilité des ressources en matières premières pour les aliments aquacoles.

Le défi

La farine et l’huile de poisson comptent parmi les ingrédients les plus nourrissants et digestes pour les aliments et espèces aquacoles. Cependant, vu qu’elles proviennent de la pêche de capture, elles représentent également une ressource limitée. En outre, les producteurs d’aliments aquacoles sont confrontés à une concurrence croissante en matière d’approvisionnement issu d’autres industries. Ces facteurs, ainsi que d’autres, impliquent que la disponibilité et le prix de la farine et de l’huile de poisson sont sujets à de brusques fluctuations.

Le fourrage représentant déjà plus de 60 % des coûts totaux d’élevage en aquaculture, d’importantes innovations s’opèrent dans le secteur des aliments aquacoles en vue de réduire la dépendance de l’industrie envers les ingrédients traditionnels. Le consensus veut que l’utilisation de nouvelles matières premières durables et de nouveaux ingrédients spéciaux dans les aliments aquacoles, aussi bien en remplacement qu’en échange, offrent un moyen pratique d’y parvenir.

Duel à trois

Afin d’alimenter les efforts des producteurs de fourrage, les activités mondiales concernant le développement de nouveaux ingrédients, communément appelés « ingrédients nouveaux », ont subi une hausse. Ici, le but premier est de fournir de nouvelles matières premières protéiques et d’autres sources d’acides gras essentiels à chaîne longue oméga-3.

Jusqu’ici, ces R&D ont identifié trois ingrédients clairement favoris : les algues, les organismes microbiens et les insectes, et plus précisément, les huiles à base d’algues contenant de l’EPA et du DHA, les protéines basées sur différentes espèces d’insectes utilisant des flux de déchets et les protéines créées en multipliant les bactéries via l’utilisation d’un apport en source d’énergie tel que le méthane ou le dioxyde de carbone.

Ces technologies sont déjà appliquées dans un nombre très restreint, quoique grandissant, de systèmes aquacoles. Comme le découvrent les pionniers étudiant ces ingrédients, l’évolutivité est essentielle à leur introduction réussie.

Outre qu’ils fournissent des bienfaits nutritionnels et des résultats équivalents dans les formules alimentaires, ils doivent être disponibles à des prix viables pour les opérations aquacoles. Parallèlement, les procédés de fabrication ne peuvent entraîner d’impacts négatifs sur le plan environnemental ou social.

Potentiel de croissance

Fait décisif, ces plateformes de nouveaux ingrédients ont obtenu le soutien d’acteurs ne faisant pas partie du secteur aquacole. Il y a eu, par exemple, une vague d’industries agroalimentaires s’engageant dans le secteur des algues. Ceci s’explique par le fait que les algues sont une bonne source d’omégas-3 et qu’il s’agit du marché confronté à une quantité limitée (par exemple en matière d’élevage de saumons).

Les experts prévoient que l’ensemble du marché de l’huile produite à base d’algues pourrait atteindre près d’1 million de tonnes par an. Ils pensent en outre que le secteur microbien, lequel attire également de nombreux investissements agricoles, a le potentiel d’atteindre environ 5,5 millions de tonnes, et ce uniquement en matière d’aliments aquacoles. À titre de comparaison, actuellement, les stocks mondiaux annuels de farine et d’huile de poisson fluctuent respectivement autour de 5 millions et d’1 million de tonnes.

D’un autre côté, la plateforme des insectes comprend un nombre bien plus élevé de start-ups que les secteurs des organismes microbiens et des algues regroupés. Il s’agit également de la solution la plus circulaire parmi les trois options puisqu’elle utilise potentiellement les déchets en tant qu’apport, tandis que les systèmes d’algues ont besoin de sucres et que les organismes microbiens nécessitent une source de carbone.

Dans le grand ordre des choses, l’aquaculture vient tout juste de se lancer dans cette voie particulièrement révolutionnaire. Mais avec une telle attention portée à la place qu’occupent ces nouveaux ingrédients, il est clair que nous ne devrons pas patienter longtemps avant que les entreprises les plus avancées n’atteignent l’équilibre espéré.

L’élan actuel suggère en outre que, dans les cinq à dix prochaines années, le secteur des aliments aquacoles disposera d’une plus grande flexibilité en termes de régimes alimentaires qu’il formule, offrant ainsi au secteur aquacole la possibilité de croître sans limites.


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