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L’élevage du saumon reste largement incompris 3 minutes

  Jan 22, 2015

En tant que premier producteur mondial de saumon d’élevage, la Norvège est régulièrement l’objet d’attaques et de critiques. Bien que l’industrie alimentaire norvégienne soit soumise aux réglementations et contrôles parmi les plus stricts au monde, les médias nous ont bombardés d’informations inexactes.  

Par exemple, contrairement à ce que prétendent certains reportages totalement fallacieux, aucun médicament ni antibiotique n’est ajouté préventivement à l’alimentation des saumons. L’utilisation d’antibiotiques est rigoureusement contrôlée et ces derniers ne peuvent être administrés qu’en dernier recours et après avoir obtenu l’accord du vétérinaire. De plus, avant d’être autorisé à la vente, le saumon traité doit être placé en quarantaine afin d’éliminer tous les résidus du traitement. Par conséquent, le NSC (conseil norvégien des produits de la mer) indique que l’utilisation d’antibiotiques a chuté de 99 % depuis les années 90.

BIEN-ÊTRE DES POISSONS

Contrairement à la croyance populaire, entre deux ans et demi et trois ans sont nécessaires pour produire un saumon d’élevage commercialisable. La plupart des saumons passent la première année de leur vie en eau douce avant d’être déplacés vers des enclos de haute mer pour une durée supplémentaire de 18 à 24 mois.

La densité de stockage des exploitations piscicoles est contrôlée par les autorités norvégiennes et ne peut jamais dépasser un pourcentage maximum de 2,5 % de saumons pour 97,5 % d’eau. Les enclos piscicoles sont larges (30 à 65 mètres de diamètre) et profonds (25 à 50 mètres).

Puisque le saumon est une espèce qui est exclusivement nourrie en fonction de son appétit, les pisciculteurs contrôlent le comportement de leurs poissons lors de la distribution alimentaire afin de cesser de les alimenter dès lors qu’ils sont rassasiés. Cela permet d’éviter un gaspillage coûteux.

SECURITE DU CONSOMMATEUR

Afin d’utiliser davantage de ressources durables, le secteur de l’aquaculture a progressivement introduit des ingrédients végétaux dans l’alimentation des saumons. Il arrive que ces matières premières, achetées en Amérique du Sud et en Asie, contiennent des résidus d’un pesticide appelé endosulfan, dont on détecte parfois des traces dans les aliments pour animaux utilisés en U.E. et en Norvège.

Afin de garantir la sécurité alimentaire des consommateurs, les autorités sanitaires européennes ont limité la présence d’endosulfan dans l’alimentation des saumons à maximum 0,05 mg/kg. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments et la Commission européenne, l’endosulfan présent dans l’alimentation des saumons ne constitue pas un facteur de risque pour la santé humaine ou le bien-être des animaux.

Dans le même ordre d’idées, L’U.E. autorise comme additif pour aliments destinés aux poissons l’éthoxyquine, un antioxydant destiné à maintenir la qualité du produit pendant son transport. La limite maximale pour les antioxydants tels que l’éthoxyquine est fixée à 150 mg/kg par denrée alimentaire et les derniers résultats du programme norvégien de contrôle officiel sur l’alimentation des poissons ont révélé que les niveaux sont bien en-dessous de cette limite.

De plus, suite à une évaluation exhaustive des données scientifiques, une étude publiée en décembre 2014 par le Comité scientifique norvégien pour la sécurité des aliments (NSCFS) a souligné que les effets bénéfiques de la consommation de poisson sur la santé l’emportaient nettement sur les risques potentiels.

CONTRÔLES ENVIRONNEMENTAUX

En Norvège, des tests sont régulièrement effectués sur le fond marin situé en-dessous et à proximité des sites d’élevage de saumons afin de vérifier que les exploitations ont un faible impact sur l’environnement local. De plus, des laboratoires indépendants prélèvent des échantillons supplémentaires pendant et après chaque cycle d’élevage. Si l’impact se révèle important, la production est alors suspendue sur le site.

N’oublions pas également que le système norvégien de sécurité sanitaire des aliments est entièrement harmonisé avec les réglementations de l’U.E. et que l’autorité de surveillance de l’Association européenne de libre-échange (AELE) assure que le pays respecte pleinement ces réglementations. En outre, tous les tests réalisés sur les saumons d’élevage norvégiens sont conformes à la législation européenne et norvégienne.

À l’échelle mondiale, des progrès considérables ont été réalisés au cours des trente dernières années pour améliorer l’élevage du saumon d’un point de vue environnemental et social. Le principal problème du secteur semble être l’échec permanent en matière de communication de résultats et de réussites.


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